3 mai 2016

L'interview bonbecs : Ramona Badescu

La bibliothèque, c'est comme une boîte de bonbons, on ne sait pas toujours quoi choisir !
Dans notre boîte à bonbecs, nous vous présentons, entre autres choses, nos coups de cœur en matière de littérature jeunesse.
Nouveau rendez-vous, l'interview bonbecs invite un auteur ou un illustrateur à piocher dans sa boîte à bonbecs.

Ce mois-ci, Ramona Badescu met de la poésie dans la Boîte à bonbecs en répondant à nos questions.


(crédit photo BM Chambéry)


- Quel est votre plus vieux souvenir de bonbec ?

La poésie, incontestablement, mais j'ai grandi dans un autre monde, de l'autre côté du rideau de fer, dans un petit pays en forme de chewing-gum trop mâché et collé au bord de la mer noire. L'une des tristesses de l'exil, c'est qu'en plus de tout on perd aussi sa bibliothèque. Mais disons que je retrouve aujourd'hui des saveurs absolues de ces premiers amours de mots dans un livre publié par les éditions Circé "Anthologie de la poésie russe pour enfants".





- Quel bonbec vous a donné envie de faire ce métier ?

Je n'avais pas vraiment imaginé qu'écrire pouvait être un métier. Je travaillais pour le théâtre et à cause de Benjamin Chaud, je me suis retrouvée à chercher une idée de livre pour les enfants. 
Je suis rentrée dans une librairie, je suis tombée sur "La chaussette jaune" de Hélène Riff. Il y a là une telle liberté, tendresse, fantaisie... il y a un paysage immense et une profondeur sans nom. Oui, il y a tout ce que j'aime dans les livre d'Hélène et particulièrement dans celui-ci, qui m'a ouvert en quelque sorte la porte de la littérature jeunesse.
Plus tard, j'ai joué au théâtre dans une adaptation de son livre "Papa se met en quatre". C'est drôle la vie !




- Quel est votre dernier bonbec ?

"Poésie" de Raymond Carver, que l'Olivier vient de publier dans la série de retraductions consacrée à Carver.
Je connaissais quelques nouvelles de Carver. Pas ses poèmes.
Non seulement ce livre m'a tout de suite plu absolument (ma technique secrète pour choisir un livre consiste à lire la première page, puis d'ouvrir le livre au hasard à 3 endroits, enfin la 4ème de couv., j'emporte un livre quand il m'intrigue à au moins 3/5), mais chaque page a été un cadeau. Au début j'en lisais chaque soir autant que je pouvais. A partir de la moitié, je me suis rationnée à 3 poèmes par soir pour que ça ne finisse pas... Je l'ai prêté pour ne pas le relire aussitôt. Mais on vient de m'offrir un recueil de ses poèmes en anglais... to be continued...




- Quel bonbec avez-vous le plus partagé ou offert ?

J'offre rarement les choses en série, à part les savons de Marseille. Mais disons que j'ai pas mal partagé ou offert "Turlututu chapeau pointu ou la vie c'est sûrement autre chose" de Maurice Sendak, "Persepolis" de Marjane Satrapi, "La grande question" de Wolf Erlbruch, "Cependant" de Paul Cox ou "Vivre, un poème pour" de Benoît Jacques.


            


- Quel est votre bonbec préféré dans votre production ?

C'est difficile de préférer quelque chose. J'ai aimé faire chacun des livres que j'ai fait. Mais je ne parviens à en lire aucun. Evidemment.
Mais disons que j'adore collaborer avec les illustrateurs de mes livres. Benjamin Chaud le premier, maintenant Amélie Jackowski, Fanny Dreyer, Delphine Durand, Bruno Gibert, Aurore Callias...
Il n'y a que les autres qui peuvent savourer les livres que nous faisons. Pour moi, chaque livre est relié à un temps, un contexte, un moment de vie... je n'arrive pas à le lire pour lui-même.




- En parlant de bonbec, quel est votre bonbon favori ?

Je ne suis pas très bonbon, mais peut-être la réglisse... une découverte qui a adouci mon arrivée en France.

(crédit photo BM Chambéry)

- Des bonbons, il y en a de toutes sortes : caramels, sucre d'orge, bonbons au miel... et bien sûr, les bêtises !
Racontez-nous l'une de vos bêtises d'enfant.

Comme je vous le disais au début, j'ai grandi dans un ailleurs, où la liberté (y compris celle des enfants de faire des bêtises) n'était pas le point fort.
Nous en faisions bien sûr pas mal, comme tous les enfants, mais dans une dictature tout a des conséquences absurdes...
Un jour, alors que l'on manquait d'à peu près tout dans les magasins, ma mère avait eu la chance de faire du tourisme en URSS. Elle en avait ramené un précieux paquet rempli de trésors (alors introuvables et très chers) : des crayons de maquillage... Ils étaient si magnifiques : je n'ai pas pu résister... un superbe monstre multicoloré, dessiné à même le mur, a orné notre quotidien quelques temps. Je n'ai pas réussi à le détester tout à fait même si j'ai bien compris qu'il ne faisait pas l'unanimité. Ni dans la famille, ni chez les amies de ma mère qui attendaient leurs beaux crayons...


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Deux livres de Ramona Badescu ont précédemment fait l'objet d'un coup de cœur dans la boîte à bonbecs :

L'Amour ? / Ramona Badescu ; illustrations Benjamin Chaud. - Cambourakis, 2015.

Pomelo et les couleurs / Ramona Badescu , ill. Benjamin Chaud. - Albin Michel Jeunesse, 2011.

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